Marseille Saison 1

Marseille Saison 1Netflix + Florent-Emilio Siri + Dan Franck. Avec cette trinité réunie, on était en droit d’attendre quelque chose de la première série de la plateforme Netflix produite en Europe. Ajoutons à cela un superbe casting (Gérard Depardieu, Benoît Magimel, Géraldine Pailhas ou Hippolyte Girardot pour ne citer qu’eux), et un décor au potentiel très fort, à savoir Marseille, pour que les attentes soient logiquement élevées. La série Marseille est donc arrivée le 5 mai, et évidemment, on a voulu tester la chose, voir si les échos globalement négatifs de la presse étaient (in)justifiés.

Sachez-le, vous n’êtes pas prêts pour cela.

Voir la bande-annonce de la série.

Dès l’introduction du pilote où le maire de la ville se la joue Richie Finestra dans la récente série Vinyl, très vite on sent que quelque chose ne tourne pas rond. Tout est guindé, rien ne semble naturel et les transitions horripilantes, à coups de violons menaçants et de fondus au noir sans aucune raison, s’enchaînent à un rythme effarant. Les scènes de sexe gratuites s’enquillent à l’aide de dialogues dignes d’un porno (« Si tu me lèches comme ça la prochaine fois, je pourrais t’aider » ?! »), les personnages féminins, constamment rabaissées sur leur physique et leurs vêtements, ne sont que des femmes-objets sans aucune profondeur et réduites à être l’objet des blagues salaces de la part du personnage de Depardieu, et concrètement, si le but de la série était d’offrir un beau panorama de la ville, la mission est ratée.

On assiste d’autant plus fascinés au naufrage qu’à aucun moment les auteurs ne semblent s’être dits qu’ils allaient dans la mauvaise direction. On se demande jusqu’où iront les twists, jusqu’où iront les personnages pour prendre les décisions les plus stupides qui soient. C’est un puits de consternation sans fin qui s’ouvre sous nos pieds et qui engloutit le peu de bon sens qui reste à ceux qui iront jusqu’au bout des huit épisodes. Et ne parlons pas des « références » aux autres séries politiques récentes. Qu’il s’agisse de Boss ou de l’inévitable House of Cards, l’inspiration est en vacances de ce côté-là aussi.

Marseille Netflix Saison 1Stupide, la série l’est. Mais cette stupidité, si elle était drôle et inoffensive à regarder, prend soudainement un tournant plus dérangeant quand on assiste à cette story-line où la fille du maire, victime d’une tentative de viol de la part d’un ancien soupirant, continue de rester en contact avec lui, d’accepter ses cadeaux… Avant que ledit agresseur ne tente à nouveau de lui sauter dessus quelques épisodes plus tard et de la stalker partout où elle va. C’est consternant et ça fait passer un message dangereux auprès du public. Tout comme l’homophobie et le slut-shaming latents, renforcés par le harcèlement sexuel que le personnage de Magimel pratique sur son lieu de travail avec ses collaboratrices et à peu près n’importe quelle personne possédant un vagin. Dans ces moments-là, la série délivre une idéologie nauséabonde qui n’est jamais remise en question, et il faut attendre les deux derniers épisodes pour qu’enfin, les femmes se décident à se prendre en main et à refuser le sexisme que leurs collaborateurs masculins crachent sur elles.

On passera aussi sur la débilité des dialogues assénés comme des leçons de philosophie (« Ce n’est pas parce qu’on a les yeux fermés qu’on ne peut pas les ouvrir ») et récités par un casting aux abonnés absents. Seule Géraldine Pailhas en femme de maire délaissée arrive à faire transmettre un peu d’empathie pour sa situation. Le reste des personnages est stéréotypé au possible et ne parlons pas de la mise en scène, digne d’une production des années 90. Le constat peut paraître sévère, presque disproportionné et très violent, mais quand on voit la volonté de Florent-Emilio Siri de « faire passer le cinéma dans les séries », on se dit que non, clairement non, ce n’était pas une bonne idée du tout. Les deux médias sont complètement différents dans leur manière de raconter une histoire, visuellement et scénaristiquement. A partir du moment où cette nuance fondamentale n’est pas comprise, il est impossible de réussir une série. On ne peut s’empêcher de ressentir une certaine honte à l’idée que certains de nos meilleurs auteurs français pensent encore que la série est un sous-genre qui a besoin des codes de l’écriture cinématographique. Marseille n’en avait pas besoin, et la preuve en est : si la série se regarde vite, et plutôt bien, le rythme étant globalement maîtrisé, ces six heures n’en restent pas moins très embarrassantes à regarder.

Ambition et vulgarité font rarement bon ménage. Marseille est un échec complet, embarrassant à regarder. Netflix nous avait habitués à bien mieux.

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Daredevil Saison 1Marseille
Créé par : Dan Franck en 2016
Avec : Gérard Depardieu, Benoît Magimel, Géraldine Pailhas, Hippolyte Girardot...

Saisons : 1 saison, en cours de production
Diffusion : Netflix

Synopsis: A l’approche des élections municipales de Marseille, Robert Taro, maire de la ville depuis vingt ans, prépare son dernier coup : faire voter la construction d’un casino dans le centre historique de la Marina. Rien n’a été laissé au hasard et son successeur, Lucas Barrès, est déjà désigné. Mais l’ambition dévorante de ce dernier et les intérêts occultes des dirigeants de la ville, qu’ils viennent de ses riches villas ou des cités des quartiers nord, entravent les plans du maire. La course à la mairie devient une lutte de pouvoir où tous les coups sont permis. Une seule question se pose: jusqu’où iront-ils ? 

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