Steve Jobs

Steve Jobs Danny BoyleProjet de longue date né de la plume du prolifique Aaron Sorkin, ce « Steve Jobs » aura eu bien des problèmes, de sa conception jusqu’à sa réception publique. Le projet est passé entre plusieurs studios, de Sony à Universal. De réalisateur aussi, puisque David Fincher a longtemps été courtisé avant de refuser et de céder sa place à Danny Boyle. De casting enfin, puisque Christian Bale et Leonardo DiCaprio ont été approchés, de même que Jessica Chastain. Michael Fassbender et Kate Winslet ont finalement remporté ces rôles convoités.

Après ce petit jeu des chaises musicales, le tournage a enfin pu commencer en début d’année dernière pour une sortie prévue durant la période des Oscars. Un échec cuisant attend le film en salles : il fait jeu égal avec le premier film consacré au fondateur d’Apple, sorti en 2013 avec Ashton Kutcher dans le rôle-titre. De même, il est quasiment boudé aux Oscars. Et pourtant, au vu du résultat final du film de Danny Boyle, son destin est bien injuste

Voir la bande-annonce.

Se reposant sur une structure en trois actes, Steve Jobs prend le contrepied de beaucoup de biopics en se consacrant à l’homme via les keynotes (ces fameuses présentations des produits Apple initiées par Jobs) de ses produits. Le concept est simple : chaque partie d’environ quarante minutes se déroule avant la présentation d’un produit, par exemple le premier Macintosh sorti en 1984. Mais, loin de s’intéresser à la technologie développée par Jobs et ses collaborateurs comme Steve Wozniak (ici très discret), le film s’attarde sur sa personnalité et ses rapports conflictuels avec son ex-femme et sa fille Lisa, qu’il refuse de légitimer. Si l’on devait faire résumer le long-métrage en quelques mots, disons que loin de l’hagiographie proposée par le film de 2013, ici, Steve Jobs est constamment remué et remis en question par ses proches. De là naîtra sa renaissance finale et son retour chez la firme à la pomme près de quatorze ans après la présentation de son Macintosh.

Steve Jobs 2015 Boyle

Avec un script pareil, l’intelligence de Danny Boyle est d’avoir proposé une copie plutôt sobre, loin de ses extravagances comme celles de Slumdog Millionnaire ou de Trance. Sa mise en scène comporte certes quelques trouvailles visuelles superbes (comme ce plan d’une navette sur un mur durant une conversation entre Jobs et son amie Joanna Hoffman) mais il a réussi à se canaliser et à mettre en valeur un script de très grande qualité. Les mauvaises langues diront qu’il a débarqué sur le projet très tard, mais ses choix de format, différents selon les périodes, attestent bien du soin visuel apporté au film. De même, chapeau à la bande-originale de Daniel Pemberton, qui varie selon les époques mises en scènes.

Et pour incarner un tel scénario il fallait des acteurs à la hauteur. Kate Winslet, Katherine Waterston, Seth Rogen, Jeff Daniels sont tous excellents dans leurs rôles respectifs. Et ici, peu importe que Michael Fassbender ne soit pas une copie conforme de Steve Jobs : il lui apporte vie grâce à son jeu perpétuant le débit mitraillette qui caractérise bien les scénarios de Sorkin. Tour à tour salaud, homme dépossédé de tout et père (in)digne, il apporte un nombre infini de nuances à un homme dont on pensait tout savoir.

Et si le portrait se fait plus tolérant à la fin, on sent bien la patte Sorkin, toujours prête à questionner le spectateur sur l’humanité des personnages qu’il écrit. Comme à la fin de The Social Network sorti il y a bientôt six ans, où il posait ouvertement la question au spectateur de savoir si Mark Zuckerberg était un salaud ou non, il nous pose la même question mais avec davantage de bienveillance. Certains diront qu’il en fait bien trop preuve, mais c’est à chacun de se faire son avis. Steve Jobs s’impose comme l’un des films majeurs du mois de février et il serait bien dommage de le louper. C’est un futur classique qui sera sans doute réhabilité dans quelques années.

Loin d'être un portrait lisse et flatteur, Steve Jobs est une plongée vertigineuse dans l'esprit d'un homme aussi génial que tourmenté.

Hell Yeah

The Revenant PosterSteve Jobs
De : Danny Boyle
Avec : Michael Fassbender, Kate Winslet, Seth Rogen

Date de sortie : 3 février 2016
Distributeur : Universal Pictures International France

Synopsis:  Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

 
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